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mardi 25 avril 2017



 19+6 = 25


19+6 = 25 et pas de Marine Le Pen au second tour. Les faits et l’arithmétique sont têtus, les électeurs de Benoit Hamon ont créé les conditions objectives de l’arrivée de MLP au second tour et la disparition de la gauche de la présidentielle. J’en veux moins à tous ceux qui ont voté pour les autres candidats par conviction qu’à ceux qui n’ont été que les idiots utiles de la classe dominante.
Pourtant en début de leur campagne que n’avons nous pas entendu sur le thème « Mélenchon doit se rallier à Hamon » quand les sondages étaient encore favorables. Au fur et à mesure on ne les a plus entendu. De même un « pacte de non agression » avait été convenu entre les deux candidats. Mélenchon l’a respecté, Hamon l’a violé à la première occasion. Mais on appelle cela la culture maison. 

On les avait prévenu.


Il n’ont pas voulu entendre et certains même disent maintenant que c’est la faute de Mélenchon.

Aujourd’hui, le grand problème pour la classe dominante ce n’est pas MLP mais Mélenchon. S’il n’y a qu’un élément de preuve que JLM était le seul à remettre en cause son pouvoir, c’est bien celui-là. Une propagande que Goebbels n’aurait pas renié s’est déchainée pendant la campagne contre Mélenchon : ALBA, Poutine, Syrie . Foin d’arguments rationnels (Cf vidéo Osons causer), l’ennemi devait être abattu. Toutes ces belles âmes qui appellent à faire barrage ont été les premières à utiliser des méthodes dégueulasses décrites dans « Mein Kampf »  par Hitler.

Dis-moi les méthodes que tu utilises, je te dirais qui tu es.

Soyons clair. Ce n’est pas un complot qui a été orchestré et continue de l’être, c’est la lutte des classes. On a essayé de nous faire croire qu’elle avait disparu. Car le système néolibéral ne veut voir que des consommateurs qui maximisent leur bien-être suivant leurs ressources. 

Il est paradoxal qu’une France qui a tous les stigmates du néo-pétainisme et qui va voter les pleins pouvoirs à la finance appelle à voter contre les nostalgiques de Vichy. Car si le néolibéralisme n’a aucune mémoire, il existe quand même une histoire. En 1940, le discours majoritaire était «Soyons réaliste, l’Allemagne est la plus forte », « la France est en déclin car elle n’est pas vertueuse », …  De nos jours comme à cette époque il y a plus de collaboration que de résistance.

Maintenant passons au vote castor. ou la démocratie du barrage. C’est devenu systématique : au premier tour, vous votez selon votre choix; au second, vous faites barrage. Ce n’est même plus un choix, c’est une injonction. Le système néolibéral a développé la pensée réflexe (en médecine on parle d’arc-réflexe médullaire) . On entretient la peur ou le stress pour court-circuiter le cortex et la réflexion. Cela permet de ne pas poser les questions qui fâchent. On manipule encore une fois les foules crédules en utilisant les méthodes les plus abjectes. "La propagande fonctionne mieux quand ceux qui sont manipulés sont confiants qu'ils agissent de leurs propres volontés" -Goebbels.

Demandez à ceux qui ont fait barrage en région PACA et qui ont vu des mesures prises par Estrosi que même le FN n’aurait pas oser prendre.
Qui se rappelle de Jean-Pierre MASSERET pour les régionales du Grand Est ? Investi PS, il a décidé de rester contre l’avis du PS qui lui a retiré l’investiture. On l’a accusé de faire le jeu du FN sachant que  Philippot était arrivé en tête au premier tour. Résultat : l’Union de la droite est arrivé en tête avec la majorité absolue, Philippot a été blackboullé et Masseret continue de siéger à la région. Sans lui, il est même possible que le FN aurait eu plus de pouvoir. La catastrophe prévue n’est pas arrivée.

Pour conclure, leur barrage n’est qu’une digue qui sera submergée à un moment ou un autre si l’on continue comme actuellement, ce qui est bien parti pour les 5 prochaines années. L’élasticité de la patience du peuple est déjà bien étirée. A un moment ou un autre, l’élastique pètera dans les doigts d’une classe supérieure gloutonne.

Hitler ? Goebbels ? Caricatural ? Réfléchissez-y les gens et regardez les vidéos. Pour moi, le fascisme de la bien pensance invite de faire barrage au fascisme brun en votant pour un fascisme financier. Il suffit de voir les réactions des bourses européennes et mondiales, des politiques européens (même Tsipras a été de son petit billet de félicitation à Macron soutenu par le bon Dr Schaüble fossoyeur de la Grèce). Le capitalisme s’accommode très bien des dictatures donc MLP ne lui fait pas peur. 

En 1995, Chirac a été élu sur le thème de la fracture sociale. En 2002, Le Pen au second tour. J’ai voté Chirac à l’époque. Depuis, 3 quinquennats. Le Pen au second tour. Et c’est la faute à Mélenchon? Qui a crée les conditions objectives à ce vote ? Mélenchon ? Qui a préféré que MLP soit au second tour qu’une candidature de gauche. Mélenchon ? Qui a été affronter MLP dans son fief et a perdu à cause d’un vote PS local corrompu? Macron ? Hamon ? Qui a gagné un procès contre MLP pour l’avoir traité de fasciste ? Macron ? Hamon ?

En fait, JLM subit le même traitement que Corbyn en Angleterre ou Sanders aux USA, le tir de barrage de la classe dirigeante.

Le 7 mai, je voterai blanc. Et c’est mon droit.

Ajout du 10/07/2017 :
Pour tous les "naïfs" qui croyait en Hamon la preuve que ce qui était important pour le PS était bien l'élimination de Mélenchon et pas faire barrage à MLP. Pour cotoyer des socialistes ayant fait partie des instances du PS, il suffit de les écouter pour entendre la haine envers JLM : "un manipulateur", "une brute", et j'en passe des meilleurs.
Par ailleurs, on entend beaucoup de "Mélenchon est parano et complotiste. Ce genre d'accusation avait pas mal cour en URSS. Le fascisme rampant fait rage.
La "confession" de Hamon : http://www.bfmtv.com/politique/pour-hamon-les-socialistes-auraient-perdu-la-presidentielle-quelle-que-soit-l-identite-du-candidat-1213225.html
La psychiatrie punitive en URSS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie_punitive_en_URSS


Voter Hamon ou Mélenchon : https://www.youtube.com/watch?v=JP1GLTPjZeo
Les intox sur JLM : https://www.youtube.com/watch?v=Xcp-H3WVBK4
Le libéralisme est un fascisme : http://www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016-03-01/neoliberalisme-est-un-fascisme
Résultat régionales grand Est : http://election-regionale.linternaute.com/resultats/grand-est/region-44
La satisfaction des banquiers http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/effet-macron-pourquoi-les-banques-s-envolent-en-bourse-695517.html 




jeudi 28 juillet 2016



L’argument boomerang  

(english translation below)


L’image ci-dessus est très utilisée en ce moment sur Twitter.

Pour les non anglophones je traduis :
« C’est par moi-même que je suis devenu très riche »
Bloomberg évalue la richesse nette de Trump à 2,9 Mds$ … Si Trump s’était contenté de mettre l’argent de son père dans des fonds de pension investissant dans les Standard & Poors 500 et passé son temps à peindre avec le doigt, il aurait 8 Mds$

Pris au premier degré et utilisé dans ce but sur Twitter par des anti_Trump, c’est « Quel gros nul! » .

Le problème survient quand on lit attentivement la citation et qu’on réfléchit un peu. En effet, ce texte dit « si vous choisissez la rente vous gagnerez plus que si vous êtes entrepreneur et que vous donnez du travail au gens » . Donc on a ici le résumé de ce qu’est le système néolibéral actuel où l’entrepreneur a disparu au profit du financier et de l’actionnaire rentier. Si le capital est indispensable à l’économie, il ne doit en être qu’un élément moteur ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Je serais Trump, je retournerais donc l’argument en disant « Vous voyez, la finance se moque de moi car j’ai créé des emplois. Ce faisant, j’ai créé de la richesse pour la communauté et non pas capté celle-ci à mon seul profit. »

Voilà comme on produit un effet boomerang où l’on renforce son adversaire au lieu de l’affaiblir.

Je précise pour ceux qui ne lisent pas habituellement mon blog que Trump n’est évidemment pas ma tasse de thé et que je suis plus proche de Bernie Sanders.








The boomerang argument


The image above is used a lot nowadays on Twitter.

Taken litterally and used for this purpose on Twitter by anti-Trump people, it means « Trump is such a loser ".

The problem arises when you read carefully the citation and think about it. As a matter of fact , it says "if you choose financial revenues, you will gain more than if you are an entrepreneur and give work to the people." So we have here a summary of what the current neoliberal system is. A system where the entrepreneur has disappeared in favor of the financial and share holder. If the capital is essential to the economy, it should be a driving force which is no longer the case.

I'd Trump, so I would turn back the argument against my adversaries by saying, "See, finance makes fun of me because I have created jobs. In doing so, I have created wealth for the community and not picked it to my own benefit. "

That is how we produced a boomerang effect where one strengthens his opponent instead of weakening it.

Just for those who do not usually read my blog : Trump is obviously not my cup of tea and I am closer to Bernie Sanders.

dimanche 29 mai 2016


 

Le temps des sophistes est revenu


Il y a plusieurs façons de vivre les évènements qui nous entourent. La première est de simplement subir en regardant les informations à la télé et passant rapidement à #theVoice ou #CDOJ. C’est confortable et cela ne demande pas beaucoup d’énergie. La seconde est de participer aux évènements en en étant un acteur comme participant à #nuitdebout ou en manifestant contre la loi El Khomery. Ce n’est souvent pas confortable et cela demande beaucoup d’énergie surtout physique.

Il y a une troisième voie qui est celle de la réflexion pour essayer de comprendre ce qui se passe, avoir une vue d’ensemble et prévoir, trouver la meilleure solution à une problématique et chercher à la faire partager. Paradoxalement, c’est la voie qui va demander le plus d’effort intellectuel car c’est la plus compliquée. Comme l'a écrit Oswald Wirth "Ne pas penser, c'est consentir à être dominé, conduit, dirigé et traité trop souvent en bête de somme".
Or, suivant le principe de moindre action, l’humain préfère le confort du conformisme intellectuel que de s’interroger sur le monde qui l’entoure. Comme le dit Charles Peguy « Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. « 
J’ai dû déjà écrire qu’un de mes films préférés de Woody Allen est « Whatever works ». Le personnage principal est le seul à savoir qu’il est dans un film et qu’il y a des spectateurs qui le regardent. Il est aussi le seul à avoir la « big picture » c’est-à-dire une vision globale de ce qu’est l’humanité et la société.

Dans ce registre, pour moi, aujourd’hui, nous sommes revenus au temps des sophistes.
« Le sophisme ne constitue pas une école de pensée, mais un modèle de raisonnement basé essentiellement sur l'éloquence afin de séduire la masse et ce dans le but d'œuvrer pour le bien d'une minorité ou de faire passer un message qui ne correspond pas à la réalité (intentionnellement ou non) «
A la lecture de cette définition, on peut voir que l’on y est. On parle plus facilement des « éléments de langage » que du fond des actions des politiques. Le discours n’existe plus que pour se positionner sur un sujet et, à l’instar de la novlangue, l’action est souvent complètement déconnectée de la réalité. La dernière illustration est la position du gouvernement socialiste en apparence contre le TAFTA et, notamment, les tribunaux d’exceptions où une multinationale pourrait attaquer une décision d’un état, et l’action des représentants français au niveau de l’Europe pour en créer. Il est à noter qu’ils ne sont pas à leur coup d’essai car ils ont fait le coup pour l’instauration d’une taxe sur les transactions financières où, en France, ils dirent être pour et firent tout pour la torpiller à l’Europe.
Suivant les préceptes de Protagoras, leader des sophistes et auteur de la maxime « À chacun sa vérité « , les politiques pensent que le discours fait l’être et que n’importe quel discours peut donner une existence à un être. L’action et la chose n’ont plus raison d’être en dehors du discours puisque « l'homme est la mesure de toutes choses » . D’où la guerre des égos et la multiplications des candidats qui rivalisent de médiocrité. En revanche, ils ont dû lire « L’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer qui explique ce qu’on appelle la dialectique éristique qui est l’art de l’emporter sur l’adversaire en s’intéressant plus au discours qu’à la réalité.
La caricature reste les économistes et notamment le « Nobel » d’économie qui explique que ce qu’il dit ce n’est pas lui mais la science. Ce qu’il oublie c’est que la base de la science c’est son caractère réfutable. Donc, dans la mesure où il explique que ces propos sont irréfutables, il explique en fait que l’économie n’est pas une science mais une pseudo-science à l’instar de l’astrologie. Il est ironique que c’est le très libéral Frédéric Bastiat (1801-1850) qui a inventé le terme de « sophisme économique » .  A relire ne serait-ce que pour retrouver les arguments des économistes « modernes » actuels sur la nécessité de supprimer la Sécurité Sociale.

Les sophistes ne se contentent pas d’avoir de beaux discours mais ils utilisent à foison les sophismes. Voyons en quelques uns :
- argumentum ad hominem : à bout d’arguments, on attaque son adversaire sur sa personne sans rapport avec l’objet « vous, amoureux des dictatures populaires sud-américaines, …. »
- argumentum ad sequentiam : « si vous ne votez pas pour un candidat socialiste cela sera encore pire »
- argumentum ad populum : c’est « la majorité a toujours raison »
- reductio ad hitlerum : « Mélenchon utilise les mêmes arguments que Marine Le Pen »
- ….
On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

Tout ce qui précède illustre la remarque entendu souvent « ils sont coupés de la réalité ». C’est normal puisque le discours a remplacé la réalité.

Peut-on combattre les sophistes ? La réponse est oui si on suit les préceptes de Socrate.
On n’a généralement retenu du philosophe que sa mort où il a bu la cigüe. Bien que son procès portait sur un athéisme supposé, il est certain que c’est sa méthode permettant de démasquer les impostures derrière les discours qui est la vrai origine de sa condamnation à mort. Pour l’utiliser souvent, j’ai pu assister à des explosions de colères de contradicteurs mis devant leurs contradictions et littéralement mis à nu. L’humain déteste que l’on devine ses vrais motivations. 
Il est à noter que les sophistes faisaient payer très cher l’enseignement de leur art alors que Socrate enseignait quasiment gratuitement ce qui aggravait son cas. Schopenhauer écrit d’ailleurs que la dialectique éristique n’existe que parce qu’il y a de la malhonnêteté, de la vanité, l’obstination dans l’erreur. Cela ne vous dit rien ?
La base de la méthode est la réfutation en utilisant l’ironie socratique. Cela consiste à poser des questions pour faire émerger l’aporie c’est-à-dire l’impossibilité de donner une réponse dans un sens ou dans un autre. On laisse son interlocuteur exprimer sa thèse de laquelle on va établir des prémisses. On va utiliser ces prémisses pour montrer qu’elles conduisent à une thèse contraire à celle exprimée au premier chef. Donc on montre que le raisonnement apparemment juste comporte en lui-même sa propre contradiction. Dans le cas des politiques ou des « gens importants », c’est insupportable.  D’autant plus que les discours sont, normalement, porteurs de valeurs donc, si le raisonnement est biaisé on peut légitimement se poser la question de savoir si l’orateur est sincère ou pas.

Je suis pour l'introspection individuelle à l'instar de la libre pensée où l'on doit constamment s'interroger sur ses raisonnements afin de vérifier s'ils sont en accord avec ses valeurs. « Platon pour Socrate  « Celui qui sait ce qui est bien fera aussi le bien » : pour lui une vision juste conduit à une action juste. Agissent mal ceux qui sont dans l’erreur. La faculté de discerner entre le bien et le mal se trouve dans la raison de l’homme, et non dans la société comme le pensent les sophistes."

Le problème est qu’utiliser la méthode socratique demande un peu de temps et beaucoup d’énergie intellectuelle. Il faut accepter de « perdre » du temps sur le temps télé. Mais c’est le seul moyen de ne pas être dupe de ce qui nous entoure et surtout d’un discours au service des intérêts de la classe dominante.

Addendum 1/8/2016
Sur le sujet, on peut citer Jean-Jacques Rousseau qui pensait que l'homme était bon naturellement et que c'est la société qui pervertit l'homme. De même Hannah Arendt affirme que le Mal provient de l'absence de réflexion et donc la bêtise mais que l'homme est bon de base. Autant sur la première assertion, je suis tout à fait d'accord, autant sur l'homme bon dans le fond je suis en opposition. En effet, ne pas réfléchir, c'est ne pas dépenser de l'énergie sachant que le cerveau est le plus gros consommateur d'énergie du corps humain. Donc, suivant le principe de moindre action de Maupertuis, la tendance naturelle de l'homme est donc de penser au minimum donc à être mauvais. Ce n'est pas un hasard s'il ne suffit que de supprimer des règles à suivre pour voir apparaître les pires bassesses que cela soit dans la sphère économique ou sociétale. C'est pourquoi aussi que la plus grande partie de l'humanité a besoin d'idéologie (religieuse, politique, économique, ...) pour ne pas avoir à penser par elle-même.  J'ai déjà dû écrire dans un précédent article, que les "valeurs de gauche" demandait plus de réflexion que les "valeurs de droite" ce qui explique la tendance naturelle des peuples à pencher à droite.   Quand Socrate dit  « Celui qui sait ce qui est bien...". Le "sait" se rapporte non pas à la simple connaissance ("je sais que cela existe", "je connais la loi") mais au savoir c'est-à-dire l'intégration de la connaissance en ressort de la pensée et de l'action. C'est pourquoi cela demande un travail sans relâche demandant beaucoup d'énergie.

Addendum 24/01/2026

Un excellent ouvrage de Clément Viktorovitch "Logocratie" développe les quelques idées exprimées ici.



Pour aller plus loin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aporie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Protagoras
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dialectique_%C3%A9ristique
http://www.systerofnight.net/religion/html/platon.html
 


vendredi 16 octobre 2015







Démystifier la doxa néolibérale




« La croissance c’est la prospérité » Voilà le genre d’assertion qui est fausse depuis le début des années 2000

Si vous prenez d’un côté l’évolution du PIB et l’évolution du nombre de pauvres (chiffre INSEE bien entendu)
Il y a une corrélation entre l’augmentation du nombre de pauvre et l’augmentation du PIB
En résumé +1 Mds de PIB = + 2000 pauvres.

Là où les politiques, les prêtres économiques et leur relais peuvent manipuler les chiffres, les mathématiques ne trichent pas. C’est d’ailleurs pourquoi les « économistes » qui appuient leurs thèses idéologiques de mathématiques n’aiment pas les mathématiciens.

Ceux qui traitent les pauvres d’assistés sont dans l’erreur car une augmentation de richesse serait automatiquement captée par les pauvres et leur nombre devrait diminuer. Or c’est le contraire qui se produit. Donc la richesse supplémentaire est captée par les plus riches et, comme chacun d’entre nous ne voit pas d’augmentation, il ne peux donc s’agir que vraiment les plus riches.

Ceci est le résumé d’un article de Daniel Justens dans l’excellent Magazine « Tangente ». Certes c’est un magazine sur les mathématiques mais il permet de décoder les bêtises que le discours néolibéral déverse depuis 30 ans. Dans le même numéro on trouve un petit texte sur Bertrand Russel, un des plus grand philosophe et « logicien » du XXème siècle. On lui doit notamment les paradoxes de Russel dont le plus connu est celui du barbier : il rase tous ceux et uniquement ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Qui rase le barbier ? En gros il reprend la métaphore de l’usine d’épingle d’Adam Smith mais explique pourquoi contre toute logique le système capitalisme la mène à sa perte. Ecrit en 1935, l’histoire est toujours d’actualité.

Je profite pour remettre le lien sur la séance de 1840 sur la loi sur le travail des enfants http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1146105
L’écoute ne dure qu’une demi heure pendant laquelle vous entendrez quasiment mot pour mot les arguments des néolibéraux d’aujourd’hui. Ceux qui, à la moindre critique, vous jette à la figure que le monde à changé, que vous avez de vieilles idées, ont les mêmes propos que ceux de 1840. Quand on pense que leur prophète (Adam Smith) a écrit leur Bible (La richesse des Nations) en 1750, on peut leur renvoyer le caractère quasi moyenâgeux de leur idéologie. 


Sources :
http://www.poleditions.com/pole/publications.php?collection=Tangente
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Russell
Loi de 1841 http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/loi_22_mars_1841-2.pdf

dimanche 7 avril 2013



Je suis énervé


Cela a commencé par quelques sourires ironiques. C'est rapidement devenu de l'agacement et aujourd'hui j'en suis à l'exaspération. Je n'en peux plus. J'aurais pu écrire ce billet en majuscules tellement je suis énervé.
La cause de mon énervement est les commentaires et jugements que je peux lire sur Twitter ou dans des blogs. Beaucoup se gaussent des auditeurs de RMC et notamment des Grandes Gueules. Et pourtant beaucoup de leurs tweets ou billets sont dignes du café du commerce tant l'analyse est pauvre et formatée. 

Le dernier avatar sont la façon dont s'exprime les hommes politiques et notamment Jean-Luc Mélenchon.

Tout d'abord, soyons clairs. Je suis un supporter de Jean-Luc Mélenchon. J'ai voté pour lui aux dernières présidentielles mais cela faisait déjà quelques années que j'en parlais. A chaque fois, on me regardais avec des yeux ronds ne comprenant pas de qui je parlais. On me prenait pour un illuminé car comment peut-on soutenir un tel individu?

La réponse est simple. J'ai acheté son bouquin "Qu'ils s'en aillent tous" en 2010 soit deux ans avant les présidentielles et … je l'ai lu. J'ai aussi lu "La grande régression" de Jacques Généreux sorti aussi en 2010. Ensuite, je lis régulièrement ses billets sur son site (http://www.jean-luc-melenchon.fr/). Pendant la campagne, j'ai suivi certains meetings et j'ai même regardé une conférence à Londres qui commençait par "I am dangerous" http://vimeo.com/55621150#at=0 . Donc mon avis sur cet homme ne vient pas d'une information dénaturée et déformée des médias au service du système mais de la source même.

Etant plutôt rationnel et cherchant à appuyer mes arguments sur des éléments objectifs, j'ai beaucoup de mal à supporter les jugements à l'emporte-pièce basés sur la forme et jamais sur le fond.

Par ailleurs, je lis aussi des ouvrages de communistes bien connus comme Stiglitz, prix Nobel d'économie, ex-directeur de la banque mondiale et conseiller économique de Bill Clinton, professeur à Harvard. Dans son ouvrage "Le triomphe de la cupidité" on retrouve beaucoup d'idées développées par JLM notamment la reprise en main par le politique des affaires de la société ou la vrai séparation des activités des banques récemment abandonnée en France ("Vous comprenez cela va créer du chômage" a dit le lobby financier). Il est même plus radical sur les banques et banquiers qui ont fauté. Il explique aussi que la base de la vulgate néo-libérale à savoir l'équilibre walrassien est faux comme le sont tous les modèles mathématiques qui soutiennent les idées des "économistes" de cours. Il les compare d'ailleurs à des prêtres d'une religion puisque la critique de ces idées amènent automatiquement à l'excommunication.
Certes, pour faire tout cela il faut prendre du temps car lire du Stiglitz ce n'est pas lire du Marc Levy. On peut le prendre sur le temps passé à l'abrutissement télévisuel. On peut par exemple s'exempter de regarder "The voice" ou un de ces "débats" sur l'économie ou les participants sont toujours les mêmes qui avancent masqués. On peut aussi dire que c'est trop compliqué et laisser d'autres penser à sa place.

Voilà ce que j'écrivais en réponse d'un billet de CatNatt dont je suis le blog et dont le lien est dans ma liste des blogs. J'aime bien ce qu'elle écrit mais je ne suis pas toujours d'accord.
Le blog: http://www.lesanneesje.heavencanwait.fr/2013/03/mediapart-cahuzac-les-mots-le-malaise/
Ma réponse :
"On peut tout à faire se laisser formater par l'information délivrée par la majorité des médias qui ne font que reprendre ce que dit le voisin sans analyse ou recul. On peut alors affirmer que Chavez était un dictateur ou que Musso est un écrivain.
Après, on peut se passer de la télévision et chercher des sources "moins officielles". On peut lire les écrits des uns et des autres pour voir quels sont leur vrais propos et idées. Il est certain que lire un bouquin de Stiglitz est un peu plus ardu que de lire un roman de Marc Levy.
Un exemple pour illustrer les propos ci-dessus : la façon dont a été traité l'arrêt de la Cour de Cassation sur la crèche. Si l'on écoute les médias on ne peut plus interdire le voile dans une entreprise privée. Si on lit l'arrêt c'est la rédaction du règlement interne et notamment le manque de motivation de l'article incriminé. Donc il suffit de réécrire le règlement intérieur pour que cela passe. Après on peut tout à fait partir dans des débats sur la laïcité."

Mon ire ne se résume pas au seul cas de JLM mais sur tous les sujets qui passent comme l'aéroport Notre Dame des Landes, l'arrêt de la Cour de Cassation sur la crèche, le mariage pour tous, ….

J'utilise souvent le vocable "pensée automatique". Ce n'est pas un hasard et c'est basé sur une étude des neurosciences sur le cerveau stressé. Il y a un excellent article sur le sujet dans "Pour la science" N°418 (août 2012) http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/p/pour_la_science_index_articles_parus.php . En résumé, le stress réduit l'activité du cortex préfrontal et le système limbique prend le relais. Les décisions sont basées  "sur des routines, une vision simpliste ou manichéenne des enjeux, un comportement de groupe et des réponses stéréotypées" (Riadh Lebib - Institut de Médecine environnementale).
Si j'en juge ce que je lis et les les réactions autour de moi, la plupart d'entre nous est stressé. Mais certains plus que d'autres.

Par ailleurs, quand on n'a pas d'argument sur le fond, on cherche à discréditer son adversaire. "Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt". http://lesions.ragemag.fr/liberation-devisse/

Evidemment, le rédacteur de cet article est en pro Mélenchon mais l'analyse est très juste.
Je laisserai seulement la parole à l'accusé qui a écrit sur son blog

"Et les « grands médias officiels », en fait la périphérie bureaucratique de Médiapart, continuent de leur servir la soupe. On connait la méthode. Ils ne s’intéressent à aucun moment politique de nos congrès. Mais ils savent fabriquer un buzz sur une affaire qu’ils créent de toute pièce. Puis ils vous reprochent de ne pas « traiter les questions de fond ». C’est ainsi que le congrès du Parti Communiste eut droit à deux jours de harcèlement sur le fait que la carte du PCF n’avait plus de faucille et de marteau. De tout le reste de ses débats on ne sut jamais rien ou presque. En commençant le congrès du Parti de Gauche, nous savions que nous serions traités de même. Nous avions pris nos dispositions. Et c’est bien ce qui se passa. Oserais-je d’une façon plus chimiquement pure, que nous l’avions imaginé. ..."
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/03/27/en-route-vers-leurope-allemande/ 
Quelques jours plus tard, sur France Inter, il subissait le même traitement: 8 minutes sur la forme et 2 minutes sur le fond de l'affaire de Chypre. Au 13h00, seul l'extrait sur les journalistes prout-prout est reprise, rien sur Chypre. Du travail de pro de l'information.
 
Je finirai ce billet sur les tweets que j'ai envoyé hier soir à propos de l'avènement du fascisme. Il faut toujours réfléchir au leçon de l'Histoire.