Geek +50 ans, 4D programmer, 23 500 comics, science-fiction, Diablo, mécanique quantique, mathématique,Feynman, série TV et .... abonné au gaz
Affichage des articles dont le libellé est incipit. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est incipit. Afficher tous les articles

mercredi 31 juillet 2013

Le camion avance (VI)


Putain de bordel de merde! Un drone!
La peur me fait jurer comme un charretier. Habituellement les autorités les envoient que lorsqu'ils sont sûrs qu'ils n'y a plus que l'adversaire à détruire.
Cette saloperie ne fait pas la différence entre amis et ennemis. C'est une vrai machine à massacrer.

Le drone n'est pas plus gros qu'un faucon dont il porte d'ailleurs le nom: Hawk. Il se déplace par sustentation magnétique une fois sur site ce qui provoque le bruit caractéristique du drone qui ressemble à un zonzonnement de frelon. Le sifflement à l'arrivée provient de la mini turbine qui sert pour les déplacements longues distances.

Le grésillement augmente soudain et j'entends un cri atroce. C'est celui du chef de poste. Une odeur de cramé envahit l'espace devant la cahute. Du coin de l'oeil, je vois que la victime ne bouge plus. C'est du one shot. Le laser a dû toucher en plein milieu du dos faisant un trou de la taille d'un ballon de basket. Il arrive parfois que le coup passe "à coté" et pulvérise un membre, jambe ou bras. C'est très rare et les rescapés sont montrés à la télévision comme des bêtes de foire.

La technologie de détection des drones a beaucoup évolué. Au départ c'était par détection de chaleur. On pouvait facilement leurrer l'engin même avec une simple allumette. L'arrivée des capes d'invisibilité avait sonné le glas de la reconnaissance visuelle. Les capes existaient depuis le début du 21ème siècle. La réfraction des ondes contrôlées avait fait son apparition avec les métamatériaux. En plus les capes d'invisibilités pouvait fonctionner à la fois dans les registres mécaniques et thermiques. On a d'ailleurs utilisé cette technique pour faire des chape anti-sismique. Le Big one en Californie en 2045 n'a fait que très peu de dégâts et de victimes.

Un deuxième bruit de laser. Pas de cri mais toujours la même odeur de chair calcinée. Cela provient de l'autre côté de la voiture. Je me retiens de me lever et m'enfuir ou m'enfermer dans mon bureau. Le détecteur de mouvement incorporé du drone et sa capacité de traverser une porte ou une fenêtre m'en empêche. Il y a en plus encore deux cibles pas très loin du dernier tir : celui qui m'a mis en joue et celui qui a rejoint le groupe en courant. J'entends distinctement le bruit de sa respiration qui reste saccadée à cause de sa course. "C'est une cible de choix pour le drone" . Je regrette tout de suite cette pensée. On est dans le même galère.

Après avoir abandonné la détection de chaleur et le visuel, la technologie du drone s'est tournée vers la détection de CO2 provenant de la respiration de tout être vivant.  Il fonctionne donc comme fait le moustique. Contrairement à la croyance populaire ce n'est pas la chaleur qui attire le moustique mais le CO2. En temps de guerre les soldats emmènent des leurres sous la forme de capsules de diffuseur de CO2 activées à distance. Mais là, nous ne sommes pas en guerre et je n'avais pas pensé que j'en aurai besoin un jour.

Deux détonations de l'autre côté de la voiture. Ils ont cherché à descendre le drone!!!! Ils sont fous! La vitesse de l'engin est au-delà de la vitesse humaine. Un premier grésillement et un cri. Un troisième coup de feu. Un autre grésillement. J'ai soudain le souffle coupé. Un corps m'est tombé sur le dos. C'est le chef. Je n'ai pas le temps de me dégager. J'entends le zonzonnement se rapprocher. Prendre une grosse goulée d'air. Ne plus respirer. L'engin est au-dessus. Ne pas respirer. Il descend. Ne pas respirer. J'ai les poumons en feu. Le bruit du drone emplit mes oreilles. Ressemble à bruit d'un avion. Ne pas respirer. Niveau de mon oreille. Ne pas ... respirer. J'ai mal. Ne ... pas ... respirer. Semble s'éloigner. Ne .... pas...... res….

dimanche 2 juin 2013

Le camion avance (V)


L'évadé qui me vise a un fusil à pompe. Il me fait signe avec le canon de me rapprocher du chef de poste. Il n'est pas très grand mais il est très musclé, le signe d'une alimentation saine contrairement à celle que je peux ingurgiter quotidiennement comme des millions de personnes entassées dans les villes. Son habillement provient, lui aussi, d'une fabrication "locale" puisque le textile au niveau mondial est fourni exclusivement par la confédération centrafricaine. Celle-ci est le résultat de la fusion du Soudan, des deux Congo, de l'Ethiopie et de la République Centrafricaine. L'Asie du Sud Est et l'Inde était devenu trop chers à cause des attentats contre les représentants du capitalisme mondial. Sa chemise est en toile très grossière. Elle a du être bleue quand elle était neuve. Le pantalon ressemble aux jeans que l'on peu voir sur certaines photos ayant échappé aux gigantesques autodafés du Grand Tournant.

Je suis dorénavant à côté du chef de poste. Il sue à grosses gouttes et sa respiration est saccadée comme celle d'un chien. On dirait qu'il cherche à faire le moins de mouvement possible et garder une rigidité déjà pré-cadavérique. Bien qu'il soit déjà officier, c'est un jeune qui vient de sortir de l'école. Il y a de moins en moins d'anciens qui ont servi dans la répression des émeutes de 2023. Ceux-ci avaient acquis une expérience sur la façon d'affronter un adversaire armé. De manière générale, il y a de moins en moins d'anciens sauf dans la classe supérieure de la population.
"RM4537" dit son matricule sur son plastron. Je ne connais pas son prénom car nous n'avons jamais eu l'occasion d'échanger autre chose qu'un bref salut quand on se rencontre. La sécurité ne discute qu'avec la sécurité. Là, il va devoir se forcer car celui qui semble le chef des prisonniers lui demande : "Ton nom?" .
C'est un gars immense et long comme un jour sans pain. Ses yeux vifs sont engoncés dans ses orbites lui donnant un regard presque halluciné. Il a des marques un peu partout sur le visages, les bras et une partie des mollets. Elles sont récentes et certaines n'ont que peu de croûtes comme si elles dataient du matin. "Ton nom?" répète-t'il. Le jeune ne répond pas mais sa respiration devient de plus en plus saccadée. Une énorme baffe le précipite à terre et du sang perle à la commissure des lèvres.
"Ton nom ?"
- Rambo Mannix, articule difficilement le gosse. Il sait qu'il vient de transgresser la première règle du règlement
- Ton âge ?
- 24 ans
- Tu es bien jeune pour être chef de poste. Et toi ? dit-il en se tournant vers moi.
- Roger Zantic. 42 ans.
- Depuis combien de temps travailles-tu au CREV ( Centre de Retraitement et d'Eradication des Véhicules) ?
- 10 ans"
Je ne sais pas ce qui se passe mais soudain je n'ai pas peur. Cette petite conversation ressemble à un échange entre amis de longue date. On en oublie le contexte tendu.
"Moi c'est Roy. Je suis le chef d'une section de la Résistance Unie. Nous avons été capturé il y a une semaine, torturés jusqu'à hier et condamnés à périr dans ce véhicule. Comme nous avons des amis à tous les niveaux il a été facile de préparer notre évasion." Cela avait été dit avec une grande tranquillité comme s'il égrenait la liste des courses.
"Vous ne vous en sortirez pas, dit mon compagnon comme s'il avait soudain retrouvé un peu de courage
-  On est déjà morts. Alors on n'a plus rien à perdre. De plus …."
Il fut interrompu par le bruit d'une course venant de derrière ma cahute. Débouchant de derrière l'Algeco, un homme couvert de poussière et ayant un pistolet à la main se précipite vers la voiture. Ses compagnons se sont mis tout de suite en alerte au cas où il serait poursuivi. Tout en cherchant à regagner son souffle, plié en deux, il leur fait signe qu'il n'y a pas de danger. Pendant que le petit musclé continue à nous tenir en joue, les deux autres se dirigent joyeusement vers lui. Ils n'ont pas le temps de commencer une conversation qu'un sifflement caractéristique se fait entendre.

"Un drone!" Nous avons tous crié en même temps et chacun plonge vers le sol. 

dimanche 21 avril 2013

 Le camion avance (IV)


Il y a une légère élévation derrière l'endroit de la barrière finale. C'est pourquoi la plupart des candidats à l'évasion vont dans cette direction. La mer est entrée un peu dans les terres. Là ou est ma barrière c'est un promontoire. L'espoir des fugitifs est de se réfugier dans les grottes ou de s'enfuir à la nage. Cette dernière option est suicidaire dans la mesure où les requins rodent. Par ailleurs, ils sont tellement repus que l'on peut imaginer qu'ils ne s'occupent pas d'une proie qui se déplace. Dans l'autre sens c'est une plaine balayée par les vents. Les quelques bosquets d'arbres rabougris ne sont pas une bonne cachette. En revanche l'élévation nous empêche de voir ce qu'il se passe.

Encore des détonations. Là ce n'est vraiment pas normal. Même en imaginant l'effet de surprise des premiers coups de feu, la supériorité de l'armement de la patrouille aurait dû déjà permettre de réduire au silence l'évadé. Habituellement, le corps est ramené à la barrière, réinstallé ensanglanté dans l'habitacle du véhicule et le processus continu: véhicule démarre, roule, bascule, bruits et puis au suivant.

La nervosité des gardiens augmente et tous les regards se tournent vers la direction du bruit. Dans mon champ de vision il y a ma cahute. C'est un ancien Algeco de dix mètres carré dans lequel on a découpé un guichet. Il n'a pas d'âge et est recouvert de guano. Les jointures sont rouillées et rongées par le sel. A l'intérieur il y a mon bureau avec l'ordinateur intégré. Il est composé d'un simple écran tactile encastré dans le plan incliné à 45° du bureau. Une table et une chaise supplémentaire pour accueillir une éventuelle relève. Un lit pour se reposer mais je ne l'ai jamais utilisé car le rythme des passages est trop important. Le soir je fais à pied les 1,5km jusqu'à la barrière principale où se trouve les quartiers des employés. Je suis dans le bâtiment réservé aux administratifs. Un autre est là pour le service de sécurité. Pour compléter le mobilier, il y a un frigo et un micro onde pour réchauffer le plat unique fourni chaque matin par le service de restauration. C'est insipide mais calculé pour fournir la ration énergétique nécessaire pour tenir l'après midi. Des toilettes chimiques et une douche forment une réserve au fond de l'habitacle. Il n'y a rien d'autre car il est interdit d'amener quoi que ce soit dans ce qu'on pourrait appeler une cellule de monastère. La radio est diffusée par le haut-parler dans le coin gauche; il n'y a plus que la chaine gouvernementale qui diffuse quasi exclusivement des musiques qu'en une autre époque on aurait qualifiées "d'ascenseur". Les livres, la presse et les magazines n'existent plus ou sont interdits. Un cadre avec la photo de sa famille est aussi interdit. Je me suis toujours demandé ce qu'il y avait de subversif d'avoir la photo de sa femme et de ses enfants au travail. 
J'en était là de mes réflexions quand une détonation énorme retentit. Cette fois, elle est juste derrière moi. J'ai juste le temps de me retourner pour voir s'effondrer les deux gardes qui tenaient en joue les prisonniers. J'ai cru qu'il n'y avait qu'une détonation mais en fait il y en avait eu deux en synchronisme parfait. Les prisonniers étaient sortis de la voiture et pointaient leur armes vers le chef de patrouille qui avait levé bien haut les bras. Le troisième prisonnier avait récupéré les armes des gardiens. Sans un mot il me tient en joue et me fait signe de lever les mains.

Je lève les mains aussitôt. Au loin retentit encore une détonation preuve que le quatrième est lui aussi toujours vivant. Pour moi se pose  la question de savoir si je vais le rester encore longtemps.

     

samedi 23 février 2013

Le camion avance (III)


8 février 2060 - Voiturette électrique - Pas d'immatriculation - 1 personne
C'est à la fin des années 20 qu'il y a eu le "Grand Tournant". …….
 L'économie mondiale était en crise depuis de nombreuses années. Quels que soient les partis politiques au pouvoir, il se produisait un lent appauvrissement de la population. Celle-ci ne bougeait pas car elle était abrutie par la télévision et ses émissions de télé-réalité. "L'apathie des peuples est la forteresse des tyrans" écrivait Machiavel. Voilà bien un nom qui a disparu du vocabulaire. Il faut dire que l'éducation est désormais réduite au minimum puisque cela coûte trop cher. Seuls quelques privilégiés ont encore accès à des livres depuis qu'internet n'est disponible que pour le business. Voilà quelques exemple de ce que fut le Grand Tournant. Le jour où une masse amorphe a porté au pouvoir une nouvelle génération de politiciens qui avaient patiemment attendu que les partis "traditionnels" échouent.

8 février 2060 - CitroPeu - YRA-457-VYD- 1 personne
Tiens une femme seule. C'est très rare. Celle-ci doit avoir entre 45 et 55 ans. Elle a due être très belle dans sa jeunesse. Derrière le pare-brise on devine une brunette au cheveu court et aux yeux verts. Ils sont rougis car elle a dû pleurer avant d'arriver à la barrière. Elle porte un long ciré jaune qui contraste avec le soleil d'été de cette fin d'août. Cela fait très longtemps que l'on a vu la pluie dans la région. Une bonne partie de la population l'a abandonnée quand les dernières forêts ont disparu au profit d'une herbe rare et rase. La première ville est maintenant au Nord à 150 km. Je reste sur place pendant la semaine et rentre à la maison pour le week end. J'y retrouve ma femme et mes deux enfants. Esther, ma femme, a 35 ans. Marion, mon ainée a 16 ans et va entrer bientôt à l'Académie des Sciences de l'Euthanasie. (ASE). Elle va y apprendre comment accélérer la fin de vie des malades et vieux. Avec un peu de chance, elle finira Piqueuse en Chef. C'est un poste prestigieux mais les études sont très chères. Romain a 13 ans a fini ses études de base et a commencé son stage au Centre de Rétention des Immigrés Clandestins. S'il se débrouille bien il pourra devenir gardien. Il est assez costaud pour accéder à un poste où la répression des émeutes fait partie du quotidien.

8 février 2060 - Car de police - ADMPO-2534 - 5 personnes
J'ai à peine fini de saisir le nombre de personne qu'une alarme retentit. Immédiatement, trois agents de sécurité  surgissent et entourent le véhicule. Ils ont leurs armes pointés sur les occupants. Ce sont les nouvelles armes au laser qui, une fois une cible identifiée, tirera un projectile qui retrouvera celle-ci quoi qu'elle fasse. Le conducteur et les passagers se sont figés et ne bougent plus. C'est à peine s'ils respirent. Un ordre sec et ils déclinent leur identité. Celle-ci est contrôlé par le chef de patrouille. "Par où est-il parti?". "Nord". 99% du temps c'est vers le Nord qu'ils tentent de s'échapper. A chaque fois ce sont des condamnés qui tentent le coup car les autres sont là volontairement. Avant d'arriver à ma barrière, les candidats sont enregistrés à l'entrée qui se trouve à 1,5 km. C'est pourquoi quand il y a une différence entre le nombre d'enregistrés et le nombre de ceux qui se présentent l'alarme est déclenchée.
Le chef de patrouille appelle la section du côté Nord. On entend le bruit d'une sirène puis des détonations. L'incompréhension se lit sur tous les visages.
Normalement il n'y aurait pas dû avoir de bruit car les armes aux lasers sont silencieuses …..       

samedi 16 février 2013

 Le camion avance (II) 


Le camion suivant avance. 

8 février 2060 - tracteur MAN - ABX-945-344 - 1 personnes. Le camion roule, bascule. Le bruit ... puis au suivant.
Je n'ai pas toujours été gardien d'un site de "Purification automobile". Avant je travaillais dans un abattoir de viande bovine. Je passais mes jours, à débiter de la bidoche pour qu'elle soit envoyée à l'industrie agro-alimentaire. Il parait qu'à ma naissance c'était des agriculteurs locaux qui fournissaient les bêtes. Puis, comme c'était trop cher, on fit venir des bêtes d'autres pays. C'était moins bon, moins contrôlé et surtout moins cher. "Le consommateur veut du produit moins cher" disait-on dans les hautes sphères. Ensuite on a trouvé que c'était trop cher de manipuler la viande ici et l'abattoir a dû fermer. J'ai pu trouver ce job par un ami bien placé.

8 février 2060 - Audi v8 - 458-99x-314 - 1 personne.
Tiens, c'est curieux. C'est très rare une voiture de ce standing. D'un autre coté pour que le propriétaire ait gardé ce véhicule toutes ces années montre que cela est devenu dur pour une très large partie de la population. Il faut dire que le changement de régime a touché aussi une grande partie de l'oligarchie de l'époque. C'était dans les années 20, une dizaine d'années avant ma naissance. La situation économique et sociale était catastrophique. La classe politique professionnelle de l'époque avait échoué qu'elle fut de droite ou de gauche. A la fin on avait des difficultés à distinguer les uns des autres car tous suivaient la même idéologie et les mêmes paradigmes économiques.

8 février 2060 - Moto Honda - 215-ABC-589 - 1 personne.
Avec une moto le bruit est très bref. Il n'y a pas beaucoup de rebond. Et puis on voit parfois le corps du conducteur s'il n'a pas été englouti par le tas de ferraille déjà là. Quand je dis le corps, parfois ce n'est qu'une partie du corps: une tête encore casquée, un tronc sectionné au niveau des membres ou un membre seul. C'est alors que la faune carnivore se manifeste le plus. Il y a 30 ans, on ne voyait pas de requins sur ces côtes. Aujourd'hui c'est un nouvel écosystème qui s'est mis en place avec non seulement des prédateurs mais aussi des nettoyeurs. Des parties de pêche au gros sont organisées au large. Les participants peuvent bénéficier du plaisir de la pêche et du spectacle des véhicules qui tombent et se désintègrent.

8 février 2060 - Voiturette électrique - Pas d'immatriculation - 1 personne
C'est à la fin des années 20 qu'il y a eu le "Grand Tournant". …….

samedi 9 février 2013

Le camion avance (I)


A l'occasion de la lecture du blog de @Frayermonblog j'ai eu envie d'écrire un petit texte pour une fois imaginaire. L'idée est de partir de la première phrase d'un roman celèbre (incipit) comme "C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar." Salammbô de Flaubert ou "Longtemps je me suis couché de bonne heure" Recherche du temps perdu de Proust ou enfin "Aujourd'hui maman est morte" L'étranger de Camus. 
Là c'est  "Le camion avance" (incipit du livre de Jacques Lanzmann "Le dieu des papillons").

C'est curieux l'inspiration. Dès que j'ai lu cette phrase, j'ai eu envie d'écrire et j'ai rapidement couché sur le papier les lignes suivantes.

Le camion avance. C'est un de ces combi Volkswagen des années 1960. Les dessins psychédéliques peints à l'origine ne représentent plus qu'un voile léger piqueté par la rouille. Le vieux moteur fait entendre une musique que l'on entend plus depuis l'avènement du tout électrique. Les banquettes usées ont dû sentir passer des milliers de fesses de tout poids et de toutes formes. 


Tiens, il y a deux passagers ce qui est rare. Ils ne sont manifestement pas les premiers propriétaires car trop jeunes. Ils ont quand même dépassé la cinquantaine. Ils se sont mis sur leur 31 comme s'ils allaient à une fête mais leur expression est d'une tristesse sans nom. Elle contraste beaucoup avec leur mise et leur véhicule.


Je note dans ma base de donnée : 8 février 2060 - Volkswagen - 745 MG 59 (beaucoup de véhicule du Nord en ce moment) - 2 personnes. Puis je lève la barrière.
Le camion avance. Il roule encore 50 mètres et bascule dans le vide, du haut de la falaise. On entend le bruit des rebonds sur la paroi, un bruit métallique à la fois de déchirement et de compression. On imagine aisément les corps déchiquetés par la violence des chocs; on n'a jamais retrouvé de survivant. Un dernier bruit comme un point d'orgue et le silence retombe simplement interrompu par le cri des goélands. Saleté de crise.


Le camion suivant avance.   







Réponse au quizz du dernier billet.
J'ai deux sabliers : un de 7 minutes et un de 11 minutes. Comment compter 15 minutes ?
1) On retourne les 2 sabliers 
2) A 7 minutes on retourne le sablier de 7
3) A 11 minutes on retourne de nouveau le sablier de 7 donc il y a 4 minutes 
11 minutes + 4 minutes = 15 minutes
Je pensais que c'était très simple mais je n'ai eu qu'une réponse exacte.