Geek +50 ans, 4D programmer, 23 500 comics, science-fiction, Diablo, mécanique quantique, mathématique,Feynman, série TV et .... abonné au gaz

dimanche 1 décembre 2013







Le nerd à une réunion de geeks



"Que ceux qui développent sous 4D depuis plus de 20 ans lèvent la main". 1/3 de la salle. "Que ceux qui développent sous 4D depuis plus de 10 ans lèvent la main". 1/3 de la salle. Le Summit de 4D vient de révéler l'âge moyen des développeurs 4D : largement au-dessus de 50 ans. On repère d'ailleurs un développeur 4D à sa tonsure. C'est normal car on entre en religion dès que l'on touche à 4D. Je suis personnellement imperméable au fait religieux mais comme pour le Mac, il n'y a pas mieux que 4D.


Pour ceux qui se demandent ce qu'est 4D, c'est ce qu'on appelle un Environnement De Développement Intégré. Avec on peut faire de belles applications (oui on appelle un programmeur un développeur et un programme une application) dans des environnements divers et variés depuis 30 ans (pour en savoir plus http://fr.wikipedia.org/wiki/4e_Dimension_%28langage%29) .

Donc, je me retrouve avec des gens de mon âge et de même métier. Comme cela vient de toute l'Europe, on se retrouve à 300 dans un endroit idoine pour les séminaires (un auditorium, des salles et de grandes pièces pour permettre la restauration). 300 c'est beaucoup. C'est même beaucoup trop pour non pas un agoraphobe, non pas un ochlophobe ni un claustrophobe mais un misanthrope. J'ai beau connaître beaucoup de monde que, par ailleurs, j'apprécie, trop c'est trop. Mon réflexe premier est de m'isoler ou de restreindre à un petit groupe si possible avec des gens que je ne connais pas. C'est ainsi que j'ai suivi la postclass en anglais plutôt qu'en français.

Pour un développeur, un Summit représente Noël avant l'heure: nouvelles technologies, nouvelles fonctionnalités, nouvelles commandes, nouveaux horizons. On revient gonflé à bloc avec des envies de programmer de belles applications. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de travail qui ait la possibilité d'apporter ce type d'enthousiasme à part la recherche scientifique. Et pourtant ….

… les sujets de conversations sont très inquiétants. Commençant généralement par "A notre âge … " il s'ensuit  des considérations sur la vitesse de programmation, l'incapacité d'apprendre des nouveaux langages, sur la capacité des jeunes à avoir des idées nouvelles. Personnellement je n'ai pas l'impression d'être plus lent qu'avant en terme intellectuel (je joue à des jeux qui demandent de la rapidité et du savoir). J'adore toujours apprendre de nouvelles choses. C'est d'ailleurs le principal intérêt de l'informatique où l'on doit se remettre en question constamment. Arrivé à un certain âge cela peut sembler trop difficile mais quand on voit comment était le Pr Jacquard même peu de temps avant sa mort on peut être rassuré.

Ce qui est encore plus déconcertant sont les centres d'intérêts de personnes qui ont mon âge ou autour. Les jeux vidéos ? Ils ne jouent pas et ne connaissent pas les grands jeux (COD, WoW, Skyrim, … ). Star Trek? Ils sont pas trop science fiction et prennent le Captain Picard comme la mascotte d'une chaine de vente de surgelés. Les comics ? On trouve parfois quelques uns qui ont lu des Strange dans leur jeunesse mais cela ne va pas plus loin. Maths et physique? Même pas: ils s'ébaudissent devant un showman qui fait un tour sur les carrés magiques alors que leur principe est d'une simplicité biblique. C'est quoi alors leur centres d'intérêt ? Le foot ? Le jardinage ? Le bricolage ? Des trucs de vieux quoi.

La conclusion de ce qui précède est que le geek n'est pas nécessairement un nerd. En revanche, le nerd peut être aussi un geek.
Sachant que le programmeur est le maître du monde puisqu'il fait fonctionner LA machine qui a envahit la totalité de la sphère humaine, il est rassurant pour bon nombre d'utilisateurs de savoir qu'il a les mêmes centres d'intérêt qu'eux. 




vendredi 1 novembre 2013




Le nerd à New York



De façon définitive, je peux affirmer que mon point faible ce sont mes pieds.
Pour ceux qui ont suivi sur Twitter les longs mois à soigner un orteil en proie à une infection récidivante, ce n'est qu'une demi surprise. Là ce sont les petits doigts de pieds qui m'ont embêté pendant 10 jours : des ampoules géantes. Parce que la première chose que l'on fait à New York: ON MARCHE. Sur la carte, Manhattan ne semble pas grand car il y a une rue tous les 200 mètres mais si l'on rajoute la distance entre les avenues quand on doit en changer on se retrouve à parcourir très vite des dizaines de kilomètres.


Le pire se produit quand on se ballade dans Central Park. Le parc ne fait que 800m de large (pour 4 km de long). La tentation est grande de vouloir entrer d'un coté et ressortir de l'autre : moins d'un kilomètre de large ce n'est pas la mer à boire. Donc on entre au niveau de la 67ème rue West et l'on commence à circuler en cherchant à suivre une direction plutôt droite. On essaie aussi de prendre comme point de repère  des immeubles situés à l'opposé mais les frondaisons vous empêchent souvent de les apercevoir. Il y a aussi régulièrement des plans où l'on voit que l'on est sur la bonne voie. Ainsi vous ressortez au niveau de la 56ème rue …….. West!!!!!
Il y a aussi la possibilité de faire le tour du parc en vélo (location simple ou visite commentée). Pour ceux qui pensent que Central Park est plat et n'ont pas l'habitude de faire du sport, je recommande de suivre le conseil du guide qui vous indique un raccourci avant de faire la boucle qui touche Harlem. On a essayé. Ma femme a eu des problèmes.



Dernier point sur Central Park, il y a des portraitistes qui montrent des exemples qu'ils sont supposés avoir fait. Ma femme en a voulu un (un portrait pas le portraitiste).

Pendant la pose, les visiteurs passaient en rigolant. "Tu crois que c'est bien car les gens rigolent?" 30$ plus loin on a un portrait qui est bien fait mais c'est celui d'une inconnue. En gros lorsqu'il a fait le portrait de Jimmy Hendrix (une de ses références), l'artiste avait en face de lui Elton John.


Si vous ne voulez pas vous déplacer à pied, vous pouvez prendre le taxi. Vous levez la main et vous en avez un (à certaines heures cela peut quand même prendre 3 minutes). Affable, ne râlant pas si la course est courte, ayant un terminal carte bleue qui accepte même l'American Express, c'est un confort qui peut être un soulagement pour vos pieds endoloris. La course est généralement inférieure à 15$ donc ne semble pas trop onéreuse. Mais à la fin de la journée, le montant cumulé peut s'avérer conséquent. Surtout quand vous avez affaire à un taxi de brousse. C'est ainsi que j'ai intitulé celui qui nous ramena à l'hôtel à la suite de notre diner-croisière. Il faut savoir que les quais sont mal desservis : pas de ligne de bus et pas de métro. Il faut donc déjà s'y rendre à pied. Pour le retour, vous avez le choix entre à pied ou une voiture avec chauffeur dont le nombre reste limité quand il y a plus d'une centaine de croisiéristes.
Pour nous, un individu se trouvait à la sortie du bateau en disant "Taxi? Taxi ?". On a dit OK et on l'a suivi. Arrivé à son véhicule je n'ai pu m'empêcher de dire "Mais vous n'êtes pas un taxi jaune?". Une voiture pourrie nous attendait avec un semblant de compteur qui ne fonctionnait pas. Qu'à cela ne tienne on monte quand même. Il s'arrête à un feu et commence à parler à un "collègue" en créole. On distinguait plusieurs fois "taxi jaune" et des grands éclats de rire. Arrivé à l'hôtel il nous annonce 30$! Dans la mesure où on avait payé 15$ à l'aller il était hors de question de payer cette somme et après avoir commencé à me déplier je m'en suis sorti pour 20$. Il parait qu'il y a une prise en charge supérieure la nuit.

A New York, il est difficile de mourir de faim tellement il y a de restaurant divers et variés. La cuisine française reste la référence notamment dans l'appellation des plats. Vous avez ainsi des "Entrées". Ecrit parfois "Entreés", c'est clairement la volonté de faire chic. Si vous en choisissez une, vous avez commandé …… le plat principal. Même dans les restaurants supposés "français" c'est toujours le plat principal. Au départ je le cherchais et ne le trouvais pas car l' entrée est appelée "appetizer" qui veut aussi dire apéritif et amuse-gueule (qui est appelé amuse-bouche chez eux). Une fois que l'on a compris que l'apéritif est l'entrée et l'entrée le plat principal, cela roule.
Le plat chic à New York c'est le filet mignon. C'est le top de la gastronomie. En revanche le homard est assez commun. Pour déjeuner ou diner il vaut mieux apporter ses boules Quies: les convives parlent fort quand ils ne hurlent pas. Au B'Vans, restaurant "chic" (surtout cher) de Wall Street, nos voisins commandaient leur plat comme un trader à la corbeille qui vient d'apprendre que la récolte des oranges en Floride est catastrophique et qui veut revendre ses actions Orangina.
Pour l'accueil, il n'y a aucun problème dans la mesure où le pourboire dépend du bon vouloir du client. Il n'en reste pas moins que l'on peut trouver un accueil à la française si l'on cherche bien. On l'a déniché chez un restaurateur chinois sur la 8ème avenue entre la 46ème et la 52ème. Tout d'abord il a un "B". C'est le certificat de salubrité donné par l'administration: le meilleur c'est le A, puis B et C. "Grade pending" veut dire: "on a trouvé des rats dans votre cuisine et vous avez une semaine pour les tuer sinon on ferme". L'accueil était plutôt froid et la salle déserte. Comme on n'avait pas très faim nous ne commandâmes que deux soupes. "C'est minimum 8$/personne" nous dit le tenancier. Nous partîmes sur le champ et allâmes diner dans un delicatessen voisin pour 20$.
Car si on veut trouver de la soupe c'est simple car il y en a partout. Il y a même l'endroit où a été tourné cet épisode de Seinfeld http://www.youtube.com/watch?v=uVqBzP0xdKk .


Il y a une division du travail par ethnie. Ce sont les Indiens (des Indes pas des native americans) qui ont les boutiques de souvenirs. Une de leur caractéristique est que, le soir, si vous voulez acheter des timbres internationaux, ils sont TOUS en rupture de stock. Je vous épargne le calcul des probabilités pour que tous se retrouvent sans un seul timbre après 19h00. En revanche vous en trouverez au Newstand de Times Square.

En parlant de Times Square, le plus curieux est que les Américains l'ont transformé en plage naturiste. Où se porte le regard, on tombe sur des formes plus ou moins rebondies et des muscles plus ou moins saillants. Ci-dessous un florilège









Quand vous rentrez à l'hôtel pour rédiger vos cartes, vous pouvez allumer la télé pour voir si c'est meilleur qu'en France. Ce qui m'étonne le plus sont les publicités pour les médicaments. Bien qu'ils ne soient pas en vente libre, car le but est d'inciter les malades à demander à leur médecin de leur prescrire, les médicaments présentés sont tous très efficaces pour leur classe thérapeutique. Le problème commence à la fin de la publicité où on énumère les effets secondaires comme d'attraper une inflammation du petit doigt de pied, la dysentrie, le choléra, un cancer et dans certain cas … la peste (noire de préférence). "Speak with your doctor". "Sure" je vais échanger ma petite pathologie pour une grosse.

Enfin, ce qui est le plus intéressant, ce sont les rencontres. Dans le désordre, Lam le sénégalais qui vend des packages de tour de New-York en bus à impériale (le week end à l'angle de la 46th et Broadway)

, une dame dans nos âge et sa mère dans un restaurant de EastSide avec la vieille dame qui nous dit au cours du repas qu'elle ne va plus en France car il y a trop d'antisémitisme, les serveurs du petit déjeuner à l'hôtel Paramount, une jeune femme dans le métro travaillant à l'American Museum of Natural History et qui nous y emmènes et conseille pour rentrer plus rapidement, un responsable latino du Delicatessen Guy et Gallard sur la 40th entre 7th et 8th Avenue, le guide de Central Park qui a des amis à Tours et connait la Bretagne, un couple de jeunes mariés danois rencontré au diner-croisière et devant aller à la Comicon de New York (mon grand regret) ….


Ceux qui ont l'habitude de lire mon blog ne seront pas étonné si je leur dit que je suis allé visiter le MoMath qui est le musée des mathématiques. Je m'y suis rendu seul car ma femme s'est portée pâle le matin de ma visite. Contrairement à ce que l'on peut imaginer ce n'est pas la présentation de notions mathématiques avec des équations mais la mise en oeuvre ludique de concepts mathématiques. Les visiteurs sont, dans leur grande majorité, des enfants accompagnés par leurs parents. Il y a une bicyclette à roues carrées, des fractales, des carrés magiques, des casse-têtes, …. Le temps a passé trop vite et je n'ai pas fini mes pentominos http://fr.wikipedia.org/wiki/Pentomino 
Après cela on peut enfiler son uniforme de Sheldon Cooper


Un tel voyage comprend évidemment ses déceptions. Les nôtres sont essentiellement logistiques et concernent l'agence de voyage : Le Cercle des Vacances. Celle-ci a "organisé" notre voyage à savoir l'avion, l'hôtel et quelques à-côtés. On nous "offrait" un service de conciergerie sur place en français. Voilà comment c'était rédigé :

"Comme mentionné au téléphone, avec le Cercle des Vacances, nous vous proposons des séjours packagés avec du service et des valeurs ajoutées :
* Un accueil personnalisé à votre arrivée et un transfert privatif directement à votre hôtel
* Le City Pass inclus pour faire les principales excursions à NY (statue de la liberté, montée en haut de l'Empire State building, un ou plusieurs grands musées) et surtout éviter les longues et interminables queues grâce aux coupes-files
* La présence de nos représentants francophones sur place qui offrent un vrai service de conciergerie gratuit pour toutes nos bonnes adresses et bons plans : restaurants, bars avec vue sur Manhattan, excursions, shows Broadway…"

A notre arrivée, la chambre fournie était réduite à un lit de 140cm avec 30cm autour de celui-ci!!!!! On n'avait même pas la place pour ouvrir les valises. Fort heureusement, l'hôtel nous a changé dans une chambre dite king size où on avait plus de place (chambre 841 ci-dessous).

Malheureusement il y avait un bruit permanent des compresseurs servant à l'eau chaude dans celle-ci. Nous n'avons pas osé réclamer car déjà on avait été upgradé et quand je l'ai mentionné à la réception et qu'ils nous ont proposé une autre chambre nous étions en fin de séjour et ma femme ne voulait pas une nouvelle fois emballer et déballer les valises.
Nous aurions pu ne pas avoir ce désagrément si suite à une demande de ma part, l'agence avait vérifié que la chambre était bien celle des photos de l'hôtel.

Pour la conciergerie, la notion "sur place" est vraiment élastique chez le Cercle des vacances car il se trouve que le service en question est basé en Californie. Avec le décalage horaire le service n'était disponible qu'à partir de 11h00 heure de NYC. Les messages laissés sur la messagerie ne recevait aucun rappel. Il n'y avait pas de confirmation d'une demande par Sms et appel ce qui fait que j'ai dû plusieurs fois rappeler le service. On m'a par ailleurs expliqué que le service fonctionnait par ordre de priorité et donc que mes demandes n'étaient pas urgentes.
Enfin, sur un problème concernant la visite guidée de Central Park à vélo annulée sans fournir d'information, j'ai été obligé d'appeler la France car le service était indisponible et l'option de laisser un message ne fonctionnait pas.    
Evidemment, tous les appels ont été faits de mon téléphone personnel donc à ma charge. J'ai donc fini par utiliser les services de la VRAIE conciergerie de l'hôtel.

Pour le diner croisière, nous avons eu la désagréable surprise à l'arrivée d'un placement loin des fenêtres ce qui a quelque peu gâché la soirée. D'autant plus que l'on nous a expliqué que les placements près des fenêtres étaient possibles moyennant un supplément. Là encore, le Cercle des Vacances n'a pas pas fait votre travail en présentant toutes les options de la croisière. Nous aurions eu l'information, nous aurions pris l'option "fenêtre".

Conclusion, j'ai payé un service qui n'a pas ou mal été rendu. Heureusement que l'hôtel Paramount a pallié à l'incurie de l'agence de voyage : le personnel est dévoué et la décoration est de Philippe Stark.



Premier restaurant français dans Harlem

Enfin, une autre déception est le Gospel Tour où l'on se rend à une messe où l'on doit pouvoir écouter du gospel. Si vous ne faites pas la différence entre Mozart et Beethoven, entre Barbara et Desireless, cela peut vous plaire. Sinon, si vous vous attendez à "Sister Act", passez votre chemin. La partie de la messe à laquelle on assiste ce sont des annonces générales sur les actions de la paroisse (là c'était la semaine Père-Fils), l'annonce (l'appel?) des participants à la messe et des appels de fond auxquels les touristes sont appelés à participer. Pour la partie gospel, vous avez droit à 3 chansons. Le problème est que vous avez au premier plan un organiste et un batteur, que le choeur est placé derrière et que, par manque de place, les quelques hommes du choeur sont placés en hauteur, sur le côté et tournés vers le mur d'en face et non pas vers les fidèles. L'organiste et le batteur rivalisent et jouent comme des sourds. Résultat : on n'entend quasiment pas le choeur donc on ne risque pas d'être saisi par l'émotion. Malgré mon habitude des choeurs, mon oreille et tous mes efforts, j'ai été incapable d'entendre les hommes.
Point positif tout de même de cette visite, la guide parlant un français sans accent alors qu'elle est d'origine de l'Alabama et faisant une visite de Harlem passionnante. 

Il n'en reste pas moins que nous avons passé un merveilleux séjour qui restera pendant longtemps dans notre mémoire.



mercredi 30 octobre 2013

Voilà c'est fini. 

It is over


Une collaboration de 6 ans se termine par un simple coup de fil et une lettre de 4 lignes. 6 années de bons et loyaux services avec ses hauts et ses bas. Ces derniers étaient dus aux caprices de certains clients de mon client. Les hauts étaient une reconnaissance du travail fourni, les relations avec l'ensemble des salariés du client, la tranquillité d'esprit de savoir que je serai payé en temps et heure.

Au-delà de la perte de la moitié de mon chiffre d'affaire, c'est la relation quasi amicale que j'ai pu entretenir avec mon contact danois qui me manquera le plus. On a beau se dire qu'on aura l'occasion de se revoir sur le sol français ou au Danemark, on sait que, la vie professionnelle continuant, nous avons de grandes chance de ne plus jamais être en présence l'un de l'autre.

Ensuite, ne plus travailler en milieu anglophone, ne plus se déplacer au Danemark ou en Allemagne, seront une grande perte de richesse dans ma vie professionnelle. J'ai adoré jouer les Super Traducteur pendant 6 ans. La conférence utilisateur à Hambourg me manque déjà.

Une rupture  d'autant plus dure qu'elle n'est voulu ni par l'un ni par l'autre. Ici les circonstances dépendent de la crédulité humaine et la capacité d'un individu au CV ronflant mais creux de convaincre un dirigeant de changer complètement son business model. Je l'aurais bien engagé comme commercial si j'en avait eu les moyens.

Ce soir, je suis tristesse.





UPDATE Mars 2014 :
J'ai reçu ce matin une carte d'adieu et un cadeau pour me remercier de la collaboration. C'est un très fort choc émotionnel tant la surprise est immense. Même si j'ai donné le meilleur de moi-même pendant ces six dernières années, je ne pouvais m'attendre à recevoir de telles marques de considération et d'affection. Cela renforce encore plus ma tristesse aujourd'hui.

Je vis la rupture avec ce client comme un deuil. Il y a d'abord la tristesse puis la colère : la colère contre le consultant français responsable de cette situation, la colère contre la façon dont on gère les relations humaines en France notamment la relation client-fournisseur.
L'équipe danoise montre que, dans un monde néo-liberal où la valeur centrale est l'argent, il peut y avoir des relations humaines chaleureuses.

Aussi ce blog est dédicacé à ceux avec qui j'ai partagé ces dernières années : Niels qui a été mon contact permanent et m'a toujours supporté et défendu, Klavs, Annie, Betina, Susanne, Christian, Hoang, … et tous les autres membres du bureau d'Arhus y compris l'ancienne et la nouvelle cuisinière, Udo et l'équipe allemande, Peter et l'équipe anglaise, Rick que je n'ai vu qu'une fois à Paris, les anciens Jone et Henrik et enfin l'équipe australienne Grant, Dale et Sharon.  

Voilà c'est fini … http://www.youtube.com/watch?v=H22yv2c-gKY

Translation


A six year collaboration ends in a simple phone call an a 4 lines letter. Six years of good and loyal services with high and down. The down were the usual capricious behavior of the french clients. The high was recognition for the work done, the relationship with all the client's employees, the peace of mind to know that I would be paid on time.

Beyond the lost of half of my turnover, it is the almost friendly relationship I have maintained that I will miss the most. We can say that we will have opportunities to meet again in France or Denmark, but we deeply know that there are low probabilities that our professional life will allow some encounter.

More, not working in an english language environment, not going any more to Danemark or Germany, are great loss of richness in my professional life. I loved my job of Super Translator during 6 years. I already miss the User Conference at Hambourg.

The termination is very hard because not wanted by both parties. Circumstances are the gullibility of man and the capacity of an other man with a high-flown resume with only vacuum behind which lead a manager to even change his business model. I would have hired such a good salesman if I could afford it

Tonight I am Sadness




UPDATE March 2014

I received this morning a greeting card and a goodbye gift in order to thank me for our collaboration. It is a great emotional shock as the surprise is full. Even if I gave the best during the last six years, I could not expect to receive such marks of consideration and affection. This increase more my sadness.

I leave the breaking with this client as a real bereavement. First there is the sadness. There there is anger towards : the consultant who is the origin of the breach and the way client-supplior relationship is managed in France.
The danish team shows that, even in a neo-liberal world where money is the center, there can be warm relationships.

So this article is dedicated to all the people I met and share the last years : Niels who has been my permanent contact and have been always supportive, Klavs, Annie, Betina, Susanne, Christian, Hoang, … and all members of  Arhus' office including the two cooks , Udo and the german team, Peter and the english team, Rick who I saw only once, the ex  Jone and Henrik and finally the australian team Grant, Dale et Sharon.  
 
Voilà c'est fini … http://www.youtube.com/watch?v=H22yv2c-gKY

 

samedi 10 août 2013

Le nerd contre les trolls



Les deux tweets ci-dessus sont le résultat d'une expérience douloureuse vécue récemment.

Tout d'abord, il faut savoir qu'il existe dans le monde des associations qui regroupent des personnes extrêmement intelligentes. http://en.wikipedia.org/wiki/High_IQ_society
La plus connue est la Mensa. Elle recrute les personnes qui sont dans les 2% supérieur dans les résultats à des tests de QI. http://www.mensa-france.org/fr En gros, à partir de 131 de QI vous pouvez y entrer. Il faut savoir qu'il y a des sociétés qui demande plus comme la Mega society où il faut être dans le 1 pour 1 million (http://en.wikipedia.org/wiki/Mega_Society).

Les tests d'entrée sont basés soit sur des tests internes soit sur des tests "standards". Le but est de regrouper des gens de même niveau (ou supposé tel) pour échanger entre gens de bonne compagnie sur des sujets de haute volée. Comme disait Eleanor Roosevelt: « Les grands esprits débattent des idées, les esprits moyens débattent des événements, les petits esprits débattent des personnes » Elle visait alors les hommes politiques et journalistes mais cela pourrait s'appliquer à ces associations. Sauf que ….

Récemment un groupe "for high IQ" s'est ouvert sur un réseau social professionnel. J'ai postulé. On ne m'a rien demandé et j'ai été accepté comme membre.
J'ai participé à des threads puis j'ai ouvert le mien. La question était s'il y avait un standard international dans les scores aux tests de QI. Cela venait après la lecture d'un article présentant le haut QI de stars du cinéma. http://www.mensxp.com/entertainment/gossip/9274-top-10-celebs-with-the-highest-iq.html Alors qu'Einstein et Hawking sont supposés tourner autour de 160 on y trouve aussi Tarantino.
La conversation a vite dérivé sur les tests de QI mais personne ne répondait vraiment à la question posée. Ma position est qu'importe les tests de QI et les niveaux de formation, ce qui importe est ce que l'on en fait et comment on le montre (ou cache) au quotidien. Et là, cela a commencé à se dégrader et s'ensuivit le dialogue suivant : M = moi Tx= troll 1,2,3
 M: je me souviens d'une journée de recrutement chez IBM dans la fin des années 80. On était une trentaine de candidat et le matin on passait des tests de QI. Fin de matinée on n'était plus que 3. L'après-midi on passait devant une psychologue. Comme je ne suis pas fait pour les grosses structures et qu'à l'époque IBM ne recrutait qu'un certain profil. Je ne fus pas retenu.
T1: Moi j'ai été reçu et j'avais fait le 2ème score de toute l'histoire d'IBM. …..    
M: Je suis bien content pour toi (à mon avis c'est cela qui l'a agacé). Nous, on ne nous a pas donné les résultats. J'étais plutôt content car c'était sous la forme stressante d'une compétition….

T1 : Vous faites partie d'une société de haut QI ? (Curieusement la question a disparu)

M: Aucune. Juste un gars normal. En revanche je suis capable de comprendre toutes les références en physique, comics, science-fiction et video games de The Big Bang Theory. …. (où l'on verra que le haut QI ne comprend pas le second degré)
T1: excusez-moi mais je pensais que ce forum était réservé aux gens à haut QI.
M: Ne pas faire partie d'une société de haut IQ veut-il dire que l'on n'a pas un haut QI? Drôle de conclusion. J'ai eu l'occasion de rencontrer des personnes vraiment intelligentes. Elles avaient 2 caractéristiques : l'humilité et ne pas se prendre au sérieux
T2: Créons un club du Gourou de Haut QI du mois. Le premier nominé est …
M: J'ai fini par trouver la réponse à ma question sur un article de la Mensa. (La réponse tient en une phrase)
T3 : Mensa? quote T1" Vous faites partie d'une société de haut QI ? "
T1 : He-he T3 . (la réponse avait été soi-disant donné 11 jours plus tôt par T2 « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c'est que vous ne le comprenez pas complètement" Albert Einstein ). Vous voyez, il y a une raison simple pourquoi les personnes de haut QI ne partage pas les bénéfices d'une conversation avec les gens d'intelligence normale. Bien sûr, nous espérons que notre ami normal en a profité. Les Haut QI n'en ont pas profité.
T2 : si quelqu'un veut forcer les autres à l'humilité, il cours le risque de ne pas prendre au sérieux l'autre au prix de se prendre au sérieux lui-même, non? (oui celui-là est le champion des phrases absconses. Il est capable de citer Leibnitz, le rasoir d'Occam, Feynman et Liousville en 10 lignes pour dire que "si l'on veut être heureux il vaut mieux ne pas se compliquer la vie")
M: Forcer me semble exagéré. Opposer l'humilité à l'arrogance et le mépris me semble plus approprié …… En ce qui concerne se prendre au sérieux, ma réponse (Big Bang Factory), la devise sur le cite web de ma boite, mon compte twitter et mon blog parlent d'eux-mêmes. Je ne suis pas venu sur ce forum pour me vanter des résultats à un test de QI comme si le QI était la taille du pénis. Je ne m'attendais pas non plus à être trollé d'ailleurs. …..

Ce que j'en tire
Je n'insisterai pas sur la bêtise du postulat "seuls les membres d'une société de HIQ ont un haut IQ. Les statistiques sont contre eux. Il y a plus de personnes intelligentes en dehors de ces associations qu'à l'intérieur. C'est un peut comme si on disait "Excusez-nous M. Camus vous n'êtes pas membres du société littéraire donc vous n'êtes pas écrivains".  J'ai du mal à comprendre comment à ce niveau d'intelligence on puisse avoir de tel raisonnement.

J'ai la faiblesse de penser que lorsqu'on se prétend intelligent on a d'autre sujet de conversation que de comparer la hauteur du QI. Comme je leur ai fait remarquer, c'est un peu de la comparaison de taille de pénis. C'est bien quand on est jeune mais à nos âges … Et vouloir se comparer que cela soit par des caractéristiques physiques soit par des revenus soit par n'importe quel autre moyen me semble une activité futile. A part dans le sport où c'est l'essence même.

Je suis de plus en plus dubitatif sur les tests de QI car manifestement il y a des ratés. Il faut savoir d'abord qu'ils dépendent beaucoup de votre état de forme physique et psychologique au moment où vous les passez. Que s'il y a une incitation pécuniaire, les résultats sont meilleurs qu'en son absence. Qu'il y a beaucoup de questions où, si vous avez un bon background en langue et mathématique, vous gagnez beaucoup de temps pour répondre notamment au questions basé sur le spatial. Prenons par exemple les suites de nombres: il y a toujours quasiment la suite de Fibonaci (1,1,2,3,5,8….) Autre exemple sur un test pour rentrer à la Mega society: question analogie de langage ruban = Mobius bouteille = ….. (je vous laisse chercher 10 minutes et je reviens )
Si vous n'avez pas quelques notions de topologie comment pouvez-vous répondre Klein ? (la bouteille de Klein est la "variante" 3D du ruban de Mobius http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouteille_de_Klein).
Mon test sur l'intrus des formes http://blogdugeekvintage.blogspot.fr/2012/12/le-nerd-se-rebiffe-le-probleme-lorsque.html ne demande pas de connaissance mathématique et là c'est du raisonnement. 


Je laisse la conclusion à Albert : « Il ne faut pas faire de l'intelligence un dieu, car si celle-ci est douée de muscles puissants, elle ne possède pas de personnalité.  »




Addendum 20/03/2023

J'ai eu l'occasion de passer le WAIS IV (test reconnu internationalement) en 2017. Je suis membre de la MENSA depuis 5 ans. Comme quoi ...

The nerd vs trolls


The two tweets above are the result of a late difficult experience

First of all, you have to know that there are lot of society in the world gathering people extremely intelligent.  http://en.wikipedia.org/wiki/High_IQ_society
The better known is Mensa. It recruits people who are in the top 2% in the results of IQ http://en.wikipedia.org/wiki/Mensa_International In short, from a QI of 131 de QI you can enter in it. There are society which are more demanding such as the Mega society where you have to be in the 1 for 1 million (http://en.wikipedia.org/wiki/Mega_Society).

Application tests are either based on internal tests or "standard" tests. The goal is to gather people of the same high level (or supposed to be) in order to exchange on high level subjects. As quoted by Eleanor Rooesevelt "Great minds discuss ideas; average minds discuss events; small minds discuss people." She was refering to politics and journalists but it can apply to these kind of associations.

Except that ….

Recently a group "for high IQ" has been created on a professional social network. I applies. Nobody asked me anything and I became a member.
I participated to some threads and I posted mine. The question was to know if there was a international standard in the IQ tests. This came from the reading of an article talking about high IQ celebs. http://www.mensxp.com/entertainment/gossip/9274-top-10-celebs-with-the-highest-iq.html As Einstein and  Hawking are supposed to be around 160, Tarantino is also 160.
Quicly, the conversation drifted apart on the IQ tests themselves and nobody really gave a clear answer. My point was that whatever result of an IQ test or formation, what's is important is your achievements and how you show (or hide) your intelligence on a daily basis. And it was there that things began to deteriate. The following dialog occured M = me Tx = Troll 1,2,3

 M: I remember a day of recrutment from IBM in the late 80's. Were were 30 contenders on the morning when we passed IQ tets. 3 remains and there was a interview from a psychologist. As I am not fit for big companies and at this time IBM was searching for a type of people I was not taken.
T1: Me I have succeeded and I was the second in the tests history ....
M: Good for you (I guess that's what annoyed him). We didn't have the result. I was proud to have passed the tests among competion ....

T1 : Are you a member of a high IQ society ? Curiously this question has been deleted

M: ANone. I am just a regular guy able to understand all the references to physics, comics, sci-fi and video games from the TV serie "The big bang theory". So a real nerd....( Here we will see that hig IQ don't understand 2d degree)
T1: Sorry, thought this group was for High IQs
M: Does not be a member of high IQ society implies that one has not a high IQ ? Curious reasoning. I met few people in my life who were really clever. They had two caracteristics : humility and not taking themselves seriously.
T2 Let's start a High IQ Guru Of The Month club. The first nominee is
M: I found my answer in the description of Mensa.Your score depends on the test you pass. So for the same level you can have 131,132 or 148.(Only one sentence needed to explain)
T3 : Mensa? quote T1" Sorry, thought this group was for High IQs ? "
T1 : He-he T3 . (the answer were supposed to be given eleven days before by T2  but as Einstein quotes « If you can't explain it to a six years old, you don't understand it yourself ). See, there's a reason why H-IQs and more normal/regulars don't benefit from sharing threads.
Well, we of course hope our regular did, even we, the H-IQs didn't

T2 : If one tries to enforce humility onto others, then one doesn't take the other too seriously at the price of taking oneself over seriously, no? (yes this one is the champion for abstruse sentences. He is able to put in 10 lines with Leibnitz, Occam's razor, Feynman and Liousville just to say that "if you want to be happy don't complicateyour life")
M: Even if english is not my mother tongue enforcing seems an overstatement. Opposing humility to arrogance and contempt is what's intended. In the titan test it would have been 1. ARROGANCE : HUMILITY :: ENFORCE : OPPOSE.
Concerning taking oneself seriously, my answer to the question of belonging to an highIQ society, the quote of my company's website, my twitter account and blog are speaking by themselves.
I didn't came in this group to boast about success in intelligence tests or compare level of intelligence as if intelligence was the size of penis. Didn't expect either to be trolled by the way.



What I learned from this adventure
I won't insist on the stupidity of the axiom "only members of High IQ society have high IQ. Statistics are against them. There are more intelligent people outside than inside these associations. It is as if you tell "Sorry Mr Camus you are not member of a literary society so you are not a writer. I really have difficulies to understand how such intelligences can have this kind of reasoning.

I have the weakness to think that when you are really smart you have other subjects of conversation than comparing level of IQ. As I remarked it is as if we compare the size of our penis. It is OK when you are young but at our ages .... Also I thing that comparing itself whatever the mean (physic, earings or other) is futile. Only sport is relevant because it is the essence of it.


I am more and more dubious about IQ tests because obviously there are some failures. You have to know that results depend on your physical and psychological state when you undertake them. Also studies show that when there is a money incentive the results are better.
There are a lot questions where,  if you have the needed background in mathematics and language, you can save a lot of time and answer other questions such as the spatial based questions. For exemple in the number series there is always the Fibonacci suite (1,1,2,3,5,8....) Other exemple in a test to enter the Mega Society in verbal analogies : Strip = Mobius / Bottle = (I let you search for 10mn and I come back).
If you don't have any notion of topology how can you hanswer Klein? (the bottle of Klein is the "equivalent" in 3D of the Mobius strip http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouteille_de_Klein).
My test on the shapes http://blogdugeekvintage.blogspot.fr/2012/12/le-nerd-se-rebiffe-le-probleme-lorsque.html is pure reasoning and not mathematic.

Il let the conclusion to Albert Einstein : "We should take care not to make the intellect our god; it has, of course, powerful muscles, but no personality"

 

Addendum 20/03/2023

Fun Fact:  I pass the WAIS IV (international test) in 2017. I am member of MENSA for 5 years.

mercredi 31 juillet 2013

Le camion avance (VI)


Putain de bordel de merde! Un drone!
La peur me fait jurer comme un charretier. Habituellement les autorités les envoient que lorsqu'ils sont sûrs qu'ils n'y a plus que l'adversaire à détruire.
Cette saloperie ne fait pas la différence entre amis et ennemis. C'est une vrai machine à massacrer.

Le drone n'est pas plus gros qu'un faucon dont il porte d'ailleurs le nom: Hawk. Il se déplace par sustentation magnétique une fois sur site ce qui provoque le bruit caractéristique du drone qui ressemble à un zonzonnement de frelon. Le sifflement à l'arrivée provient de la mini turbine qui sert pour les déplacements longues distances.

Le grésillement augmente soudain et j'entends un cri atroce. C'est celui du chef de poste. Une odeur de cramé envahit l'espace devant la cahute. Du coin de l'oeil, je vois que la victime ne bouge plus. C'est du one shot. Le laser a dû toucher en plein milieu du dos faisant un trou de la taille d'un ballon de basket. Il arrive parfois que le coup passe "à coté" et pulvérise un membre, jambe ou bras. C'est très rare et les rescapés sont montrés à la télévision comme des bêtes de foire.

La technologie de détection des drones a beaucoup évolué. Au départ c'était par détection de chaleur. On pouvait facilement leurrer l'engin même avec une simple allumette. L'arrivée des capes d'invisibilité avait sonné le glas de la reconnaissance visuelle. Les capes existaient depuis le début du 21ème siècle. La réfraction des ondes contrôlées avait fait son apparition avec les métamatériaux. En plus les capes d'invisibilités pouvait fonctionner à la fois dans les registres mécaniques et thermiques. On a d'ailleurs utilisé cette technique pour faire des chape anti-sismique. Le Big one en Californie en 2045 n'a fait que très peu de dégâts et de victimes.

Un deuxième bruit de laser. Pas de cri mais toujours la même odeur de chair calcinée. Cela provient de l'autre côté de la voiture. Je me retiens de me lever et m'enfuir ou m'enfermer dans mon bureau. Le détecteur de mouvement incorporé du drone et sa capacité de traverser une porte ou une fenêtre m'en empêche. Il y a en plus encore deux cibles pas très loin du dernier tir : celui qui m'a mis en joue et celui qui a rejoint le groupe en courant. J'entends distinctement le bruit de sa respiration qui reste saccadée à cause de sa course. "C'est une cible de choix pour le drone" . Je regrette tout de suite cette pensée. On est dans le même galère.

Après avoir abandonné la détection de chaleur et le visuel, la technologie du drone s'est tournée vers la détection de CO2 provenant de la respiration de tout être vivant.  Il fonctionne donc comme fait le moustique. Contrairement à la croyance populaire ce n'est pas la chaleur qui attire le moustique mais le CO2. En temps de guerre les soldats emmènent des leurres sous la forme de capsules de diffuseur de CO2 activées à distance. Mais là, nous ne sommes pas en guerre et je n'avais pas pensé que j'en aurai besoin un jour.

Deux détonations de l'autre côté de la voiture. Ils ont cherché à descendre le drone!!!! Ils sont fous! La vitesse de l'engin est au-delà de la vitesse humaine. Un premier grésillement et un cri. Un troisième coup de feu. Un autre grésillement. J'ai soudain le souffle coupé. Un corps m'est tombé sur le dos. C'est le chef. Je n'ai pas le temps de me dégager. J'entends le zonzonnement se rapprocher. Prendre une grosse goulée d'air. Ne plus respirer. L'engin est au-dessus. Ne pas respirer. Il descend. Ne pas respirer. J'ai les poumons en feu. Le bruit du drone emplit mes oreilles. Ressemble à bruit d'un avion. Ne pas respirer. Niveau de mon oreille. Ne pas ... respirer. J'ai mal. Ne ... pas ... respirer. Semble s'éloigner. Ne .... pas...... res….

dimanche 2 juin 2013

Le camion avance (V)


L'évadé qui me vise a un fusil à pompe. Il me fait signe avec le canon de me rapprocher du chef de poste. Il n'est pas très grand mais il est très musclé, le signe d'une alimentation saine contrairement à celle que je peux ingurgiter quotidiennement comme des millions de personnes entassées dans les villes. Son habillement provient, lui aussi, d'une fabrication "locale" puisque le textile au niveau mondial est fourni exclusivement par la confédération centrafricaine. Celle-ci est le résultat de la fusion du Soudan, des deux Congo, de l'Ethiopie et de la République Centrafricaine. L'Asie du Sud Est et l'Inde était devenu trop chers à cause des attentats contre les représentants du capitalisme mondial. Sa chemise est en toile très grossière. Elle a du être bleue quand elle était neuve. Le pantalon ressemble aux jeans que l'on peu voir sur certaines photos ayant échappé aux gigantesques autodafés du Grand Tournant.

Je suis dorénavant à côté du chef de poste. Il sue à grosses gouttes et sa respiration est saccadée comme celle d'un chien. On dirait qu'il cherche à faire le moins de mouvement possible et garder une rigidité déjà pré-cadavérique. Bien qu'il soit déjà officier, c'est un jeune qui vient de sortir de l'école. Il y a de moins en moins d'anciens qui ont servi dans la répression des émeutes de 2023. Ceux-ci avaient acquis une expérience sur la façon d'affronter un adversaire armé. De manière générale, il y a de moins en moins d'anciens sauf dans la classe supérieure de la population.
"RM4537" dit son matricule sur son plastron. Je ne connais pas son prénom car nous n'avons jamais eu l'occasion d'échanger autre chose qu'un bref salut quand on se rencontre. La sécurité ne discute qu'avec la sécurité. Là, il va devoir se forcer car celui qui semble le chef des prisonniers lui demande : "Ton nom?" .
C'est un gars immense et long comme un jour sans pain. Ses yeux vifs sont engoncés dans ses orbites lui donnant un regard presque halluciné. Il a des marques un peu partout sur le visages, les bras et une partie des mollets. Elles sont récentes et certaines n'ont que peu de croûtes comme si elles dataient du matin. "Ton nom?" répète-t'il. Le jeune ne répond pas mais sa respiration devient de plus en plus saccadée. Une énorme baffe le précipite à terre et du sang perle à la commissure des lèvres.
"Ton nom ?"
- Rambo Mannix, articule difficilement le gosse. Il sait qu'il vient de transgresser la première règle du règlement
- Ton âge ?
- 24 ans
- Tu es bien jeune pour être chef de poste. Et toi ? dit-il en se tournant vers moi.
- Roger Zantic. 42 ans.
- Depuis combien de temps travailles-tu au CREV ( Centre de Retraitement et d'Eradication des Véhicules) ?
- 10 ans"
Je ne sais pas ce qui se passe mais soudain je n'ai pas peur. Cette petite conversation ressemble à un échange entre amis de longue date. On en oublie le contexte tendu.
"Moi c'est Roy. Je suis le chef d'une section de la Résistance Unie. Nous avons été capturé il y a une semaine, torturés jusqu'à hier et condamnés à périr dans ce véhicule. Comme nous avons des amis à tous les niveaux il a été facile de préparer notre évasion." Cela avait été dit avec une grande tranquillité comme s'il égrenait la liste des courses.
"Vous ne vous en sortirez pas, dit mon compagnon comme s'il avait soudain retrouvé un peu de courage
-  On est déjà morts. Alors on n'a plus rien à perdre. De plus …."
Il fut interrompu par le bruit d'une course venant de derrière ma cahute. Débouchant de derrière l'Algeco, un homme couvert de poussière et ayant un pistolet à la main se précipite vers la voiture. Ses compagnons se sont mis tout de suite en alerte au cas où il serait poursuivi. Tout en cherchant à regagner son souffle, plié en deux, il leur fait signe qu'il n'y a pas de danger. Pendant que le petit musclé continue à nous tenir en joue, les deux autres se dirigent joyeusement vers lui. Ils n'ont pas le temps de commencer une conversation qu'un sifflement caractéristique se fait entendre.

"Un drone!" Nous avons tous crié en même temps et chacun plonge vers le sol. 

dimanche 21 avril 2013

 Le camion avance (IV)


Il y a une légère élévation derrière l'endroit de la barrière finale. C'est pourquoi la plupart des candidats à l'évasion vont dans cette direction. La mer est entrée un peu dans les terres. Là ou est ma barrière c'est un promontoire. L'espoir des fugitifs est de se réfugier dans les grottes ou de s'enfuir à la nage. Cette dernière option est suicidaire dans la mesure où les requins rodent. Par ailleurs, ils sont tellement repus que l'on peut imaginer qu'ils ne s'occupent pas d'une proie qui se déplace. Dans l'autre sens c'est une plaine balayée par les vents. Les quelques bosquets d'arbres rabougris ne sont pas une bonne cachette. En revanche l'élévation nous empêche de voir ce qu'il se passe.

Encore des détonations. Là ce n'est vraiment pas normal. Même en imaginant l'effet de surprise des premiers coups de feu, la supériorité de l'armement de la patrouille aurait dû déjà permettre de réduire au silence l'évadé. Habituellement, le corps est ramené à la barrière, réinstallé ensanglanté dans l'habitacle du véhicule et le processus continu: véhicule démarre, roule, bascule, bruits et puis au suivant.

La nervosité des gardiens augmente et tous les regards se tournent vers la direction du bruit. Dans mon champ de vision il y a ma cahute. C'est un ancien Algeco de dix mètres carré dans lequel on a découpé un guichet. Il n'a pas d'âge et est recouvert de guano. Les jointures sont rouillées et rongées par le sel. A l'intérieur il y a mon bureau avec l'ordinateur intégré. Il est composé d'un simple écran tactile encastré dans le plan incliné à 45° du bureau. Une table et une chaise supplémentaire pour accueillir une éventuelle relève. Un lit pour se reposer mais je ne l'ai jamais utilisé car le rythme des passages est trop important. Le soir je fais à pied les 1,5km jusqu'à la barrière principale où se trouve les quartiers des employés. Je suis dans le bâtiment réservé aux administratifs. Un autre est là pour le service de sécurité. Pour compléter le mobilier, il y a un frigo et un micro onde pour réchauffer le plat unique fourni chaque matin par le service de restauration. C'est insipide mais calculé pour fournir la ration énergétique nécessaire pour tenir l'après midi. Des toilettes chimiques et une douche forment une réserve au fond de l'habitacle. Il n'y a rien d'autre car il est interdit d'amener quoi que ce soit dans ce qu'on pourrait appeler une cellule de monastère. La radio est diffusée par le haut-parler dans le coin gauche; il n'y a plus que la chaine gouvernementale qui diffuse quasi exclusivement des musiques qu'en une autre époque on aurait qualifiées "d'ascenseur". Les livres, la presse et les magazines n'existent plus ou sont interdits. Un cadre avec la photo de sa famille est aussi interdit. Je me suis toujours demandé ce qu'il y avait de subversif d'avoir la photo de sa femme et de ses enfants au travail. 
J'en était là de mes réflexions quand une détonation énorme retentit. Cette fois, elle est juste derrière moi. J'ai juste le temps de me retourner pour voir s'effondrer les deux gardes qui tenaient en joue les prisonniers. J'ai cru qu'il n'y avait qu'une détonation mais en fait il y en avait eu deux en synchronisme parfait. Les prisonniers étaient sortis de la voiture et pointaient leur armes vers le chef de patrouille qui avait levé bien haut les bras. Le troisième prisonnier avait récupéré les armes des gardiens. Sans un mot il me tient en joue et me fait signe de lever les mains.

Je lève les mains aussitôt. Au loin retentit encore une détonation preuve que le quatrième est lui aussi toujours vivant. Pour moi se pose  la question de savoir si je vais le rester encore longtemps.